
Les rebelles magnifiques
Dans les années 1790, à Iéna, une poignée de poètes et de philosophes invente le moi moderne — et Caroline Böhmer est au centre.
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Le mot de POP LIVRE
Andrea Wulf écrit de l'histoire des idées en romancière : ici, le premier romantisme allemand raconté par les allées et venues d'une dizaine de personnes dans une petite ville. La thèse — que le « moi » moderne s'invente à Iéna dans les années 1790 — est une lecture forte, que d'autres historiens situeraient différemment ou plus tôt ; le livre l'assume comme un point de vue. Volume important (624 pages), traduit de l'anglais, très lisible. Aucune connaissance préalable de la philosophie allemande n'est nécessaire.
Présentation
Andrea Wulf, connue pour son Invention de la nature consacré à Humboldt, revient sur un moment court et décisif : les quelques années où, dans la petite ville universitaire d'Iéna, Goethe, Schiller, Novalis, Fichte, Schelling, Hegel et les frères Schlegel se retrouvent presque tous au même endroit. Ils y forgent ce qu'on appellera le premier romantisme, et une idée qui nous est devenue si familière qu'on ne la voit plus : celle d'un moi souverain, créateur de son propre monde. Wulf place au centre Caroline Böhmer, dont la liberté de vie fut le vrai laboratoire du groupe. Six cent vingt-quatre pages menées comme un roman.