
L'Homme qui marche
Un homme marche dans son quartier. Il ne se passe rien. C'est bouleversant.
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Le mot de POP LIVRE
Deux cents pages de bande dessinée, mais surtout pas en une seule fois : cela se pratique par tranches de dix minutes, un chapitre au réveil ou avant de dormir, comme une respiration. Presque rien ne s'y produit, et il faut l'accepter d'emblée. À déconseiller franchement à qui a besoin de suspense ou de dialogues nourris. En revanche, pour sortir d'une période agitée et ralentir le regard, peu de livres font aussi bien.
Présentation
Un homme quitte sa maison et marche. Il grimpe à un arbre, suit un chat, ôte ses chaussures pour sentir la pluie, regarde la mer depuis un toit. Jirô Taniguchi construit ce seinen, prépublié au Japon entre 1990 et 1991 et traduit chez Casterman en 1995, sur presque rien : pas d'intrigue, très peu de dialogues, des cases silencieuses qui prennent le temps de la promenade. C'est précisément ce dépouillement qui a fait sa réputation. On y retrouve l'art du trait de Taniguchi, sa précision d'architecte et sa tendresse pour les gestes minuscules.